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CARNET DE SOURCING CAFÉ : BRESIL, FAZENDA AMBIENTAL FORTALEZA - SEPTEMBRE 2022

Published : 26/10/2022 11:35:38
Categories : Carnet de sourcing , News

CARNET DE SOURCING CAFÉ : BRESIL, FAZENDA AMBIENTAL FORTALEZA - SEPTEMBRE 2022

Fazenda Ambiental Fortaleza – État de Sao Paulo

 

Il y a 8 ans je découvrais FAF et la famille Croce.

Le père Marcos, passionné et truculent propriétaire. La mère Silvia, plus discrète mais déterminante dans la conversion à venir. Et le fils, Felipe, déjà impliqué dans la reprise de la ferme. 

Fazenda Ambiental Fortaleza / Crédit photo : Fabrice Leseigneur

Pionnier de l’agriculture caféière régénérative au Brésil, Marcos a commencé par créer une plantation sous forêt, planter des centaines d’arbres, créer des étangs, et converti sa ferme en poly agriculture biologique. La production a alors été divisée par 1000. 

 

"La ferme était devenue durable en terme environnemental." Christophe Servell



La ferme était devenue durable en terme environnemental, mais plus du tout en terme économique. 

Dans la ferme Fazenda Ambiental Fortaleza / Crédit photo : Fabrice Leseigneur

Il a alors mise en place un réseau de petits producteurs locaux autour de la protection de sources d’eau, du partage de bonnes pratiques sociales et environnementales, et a su valoriser leur production en les vendant directement à des torréfacteurs à prix plus élevés que le marché. C’est le fameux Bob o Link Project, devenu une marque distribuée dans le monde entier, et dont FAF Coffees assure l’exportation. 

 

Crédit photo : Fabrice Leseigneur

 

The Farm Coffee Lab

 

8 ans après, c’est Felipe Croce, qui a totalement repris la partie caféière de FAF et changeant tout.

Son objectif est de créer un modèle agricole biologique agroforestier, qualitatif, durable, rentable, à grande échelle et impact carbone neutre. 

Sélection progressive des variétés les plus qualitatives et le mieux adaptées au terroir, analyse des sols, production de compost maison, application de préparation végétale sur les sols pour éviter l’évaporation de l’eau et l’irrigation, mécanisation partielle des récoltes, plantation de milliers d’arbres de couvertures fixateurs d’azote et abris pour la biodiversité, contrôle total des travaux post récoltes (fermentation et tri) sont maintenant en place pour faire leurs preuves et servir de modèle à la « communauté de producteurs FAF ». 

Felipe Croce/ Crédit photo : Fabrice Leseigneur

Car ce sont désormais 400 petits producteurs de 3 États qui sont maintenant mis en réseau par FAF Coffee. Et de pratiques durables ils vont en avoir besoin tous ces petits producteurs optimistes devant le boom du café de spécialité, tellement les pratiques agricoles brésiliennes sont vouées à une catastrophe écologique de grande ampleur dans les 20 ans à venir. 

 

Espirito Santo et Minas Gerais

 

Six heures de route et une heure quinze de vol pour relier FAF à Venda Nova do Imigrante, la base de FAF coffees dans l’état de Espírito Santo. C’est d’ici que le Van transformé en mini laboratoire nomade sillonne l’État et la bordure Est de l’Etat voisin, le Minas Gerais, pour aller à la rencontre de petits producteurs, les faire adhérer au projet FAF et mettre leurs cafés sur le marché directement auprès des torréfacteurs. 


Rafael Marquez/ Crédit photo : Fabrice Leseigneur

Ce travail de proximité est un travail de fourmis, colossale, mené de main de maître et en pleine intelligence par Rafael Marquez, natif de la région, qui intègre les producteurs dans l’évaluation de leurs propres cafés et leur donne ainsi accès à un regard critique sur leur production. Les familles trient leur café pour échantillonnage, participe au cupping et au scoring, ce qui est tout à fait nouveau pour eux.

Cupping & Scoring

Table de Cupping/ Crédit photo : Fabrice Leseigneur

Un soir, j’ai assisté à une scène étonnante où un producteur attend le verdict du cupping qui se déroule en direct sous ses yeux. Rafael lui annonce son intention d’acheter son café, le producteur est fou de joie, toute l’assistance applaudie, chante et danse pour célébrer la bonne nouvelle. Moment de grâce. 

Pendant le Cupping/ Crédit photo : Fabrice Leseigneur

C’est ainsi que nous avons rencontré une dizaine de familles qui nous ont accueillie chaleureusement autour d’un repas, toujours très bon et opulent, à l’anniversaire d’un membre de la famille, suivie d’une visite des plantations, d’échange autour de la qualité, de la volonté de faire mieux, plus, d’acheter les parcelles de voisins, et de choses plus générales qui font de ces moments des échanges vrais, désintéressés. Ces moments où l’on est ancré dans le présent a 100%, entièrement disponible aux êtres avec qui l’on passe ce moment. 

Ils semblent heureux nos amis. Il faut dire qu’avec un prix de marché élevé et un marché du café de spécialité en forte croissance, et qui achète au-dessus du prix de marché, ces familles n’ont certainement jamais aussi bien gagné leur vie et été récompensées la hauteur de leur passion et des efforts consentis pour cultiver du café de qualité.

Crédit photo : Fabrice Leseigneur

Mais au fur et à mesure, la réalité écologique prend le pas sur le plaisir de la convivialité. Plus on visite les fermes, plus on se déplace à l’intérieur des États, plus on saisit l’antagonisme entre la sauvegarde de la biodiversité, la déforestation, et l’agriculture brésilienne, et ici précisément la culture du café. On voit bien que chaque parcelle de café est gagnée sur ce qu’il reste de forêt.

 

Parc naturel / Crédit photo : Fabrice Leseigneur

Avant l’arrivée des Colons et du développent des villes Brésiliennes et de l’agriculture, l’Est Brésilien était une gigantesque forêt tropicale, la Forêt Atlantique, plus grande que l’Amazonie. Aujourd’hui, ne subsistent que de rares et sublimes parcs naturels, comme des vestiges de cette méga forêt, et des bosquets disséminés sur les exploitations agricoles et qui correspondent à ce fameux 20% de conservation exigée par la loi Brésilienne. 20% de conservation = 80% d’éradication de la flore et de la faune, il me semble plus pertinent à notre époque de lire cette équation dans le bon sens.

 

Crédit photo : Fabrice Leseigneur

Malheureusement, le modèle agricole brésilien, défendu à outrance par le président en exercice à ce jour, est un modèle de prédation, extensif, court termiste, dépassé et suicidaire.

Il y a encore peu, Espirito Santo, État côtier très humide, était réputé pour produire les pires cafés du Brésil, les fameux Rioté (cafés surfermentés au gout de pourri). Aujourd’hui, avec le changement climatique et l’assèchement du climat, cette région produit les meilleurs cafés du Brésil. Dans dix à vingt ans, si le modèle ne change pas, il n’y aura plus de café ici, avec des températures, trop élevées, des sols épuisés, des sources taries…

C’est déjà le cas dans l’État voisin de Sao Paulo, où toutes les fermes situées en dessous de 800 mètres ne produisent plus ou proue de café.

Et bien sûr, lorsque l’on assite à ce spectacle, on ne peut s’empêcher de penser au sort réservé à la Forêt Amazonienne si les tristes sirs de l’agrobusiness Brésilien alliés à une caste politique corrompue et populiste continuent d’avoir la charge de l’avenir de leur peuple.

Est-ce que les petits caféiculteurs que nous avons rencontrés, si optimistes en ce moment et dont la principale ressource et le café ont conscience de la situation ? Oui et non. Ils observent bien que la sècheresse a encore frappé cette année, que les saisons des pluies sont moins marquées, qu’il pleut moins souvent mais plus fort, mais les caféiers fleurissent encore, font des fruits et rapportent plus. Ils ont toujours travaillé comme cela, pourquoi changer et surtout par quoi changer ?

Crédit photo : Fabrice Leseigneur

Et c’est là que l’on revient à FAF et aux expériences de Felipe dans sa ferme. Il est désormais urgent de transmettre ces savoirs et d’accompagner cet extraordinaire maillage de petits producteurs vers des pratiques agronomiques durables qui permettront à toutes ces familles de continuer à vivre du café et à rester sur leurs terres.

Nous en avons bien sûr beaucoup parlé avec FAF qui endosse cette responsabilité.

 

"Notre Responsabilité, chez Terres de Café, est de soutenir cette filière en achetant des cafés à prix élevés à ces communautés, qui intègrent le passage à une agriculture plus durable." - Christophe Servell



Notre Responsabilité, chez Terres de Café, est de soutenir cette filière en achetant des cafés à prix élevés à ces communautés, qui intègrent le passage à une agriculture plus durable.

Et de l’expliquer à nos clients, ce qui est le sens de cet article.

 

A la table de cupping / Crédit photo : Fabrice Leseigneur

Concrètement, en terme de sourcing, ce voyage nous à permis de réaliser les opérations suivantes pour 022/23 :

-        Notre Bob-O-Link Bio devient un café provenant à 100% de la même ferme, gérée en Bio et en Agroforesterie. Fazenda Sete Maria. Arara Pulped Natural.

-        Notre Brésil d’assemblage devient également 100% traçable avec un joli café produit par les familles Bacetti et Jacon.

-        Nous continuons notre collaboration avec FAF et le lot d’Obata Nature

-        En cours de sélection, un micro lots ultra qualitatif de Espirito Santo ou Minas Gerais.

 

Christophe Servell

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