Le juste prix ?

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Le juste prix ?

Le juste prix ?


Lorsque l’on parle du prix de nos cafés, deux questions reviennent souvent : Sont-ils équitables et pourquoi sont-ils plus chers en moyenne qu’au supermarché ? Pour le coté équitable, nos cafés peuvent être qualifiés de super-équitables, même si nous préférons le qualificatif  durable. Un café labellisé « équitable » ( Max Havelaar) est un café qui bénéficie d’une prime (en moyenne 0,5 US$ par livre) en plus de la côte boursière. La charte équitable n’engage en rien le producteur sur un impératif qualitatif ou sur le respect de l’environnement.

Lorsque l’on sait que les cours boursiers des cafés n’ont jamais été aussi bas depuis les années 60, que nombre de producteurs arrêtent la culture du café car ne peuvent plus en vivre, on voit bien les limites d’un système qui ne met pas les producteurs à l’abri de la spéculation, et qui n’encourage que peu les reconversions vers la qualité et la sauvegarde des écosystèmes, qui sont selon nous sont deux des grands principes de l’avenir de la filière caféière.

On le voit bien, les hyper et supermarchés se dotent de rayons entiers « équitables », qui ne sont en général que des produits de piètre qualité mais qui bénéficient de l’impact marketing du label. Lorsque l’on connait la somme des labeurs pour arriver à mettre en sachet 250g de café, l’appellation « équitable » parait bien improbable lorsqu’il est vendu 3€.

Justement, quelle est la somme de ces labeurs ?

En pays producteur, les caféiers doivent être plantés ou replantés et taillés. Le café est récolté (à la main pour les meilleurs), fermenté, trié, séché, retrié, mis en sac. Il est déjà passé entre des dizaines de mains.

Ensuite, il sera transporté jusqu’à un port d’embarquement, il traversera les mers dans des conditions sanitaires exigeantes, sera déchargé dans un port européen, dédouané, stocké, puis acheminé vers l’atelier ou l’usine de torréfaction, qui le torréfiera, le conditionnera, puis transportera de nouveau vers les points de ventes ou directement chez vous si vous optez pour la vente en ligne. A ce stade, le café sera passé par des centaines de mains.

De plus chez Terres de Café, nous ne vendons que des cafés de qualité supérieure, autrement appelés cafés de spécialité ou encore grands crus (des vrais !) dont les prix sont uniquement fixés en fonction de la qualité du produit et de la demande, donc en dehors des cotations boursières, ce qui met « nos » producteurs à l’abri de la spéculation et de la financiarisation de la filière. On ajoute à cela des relations de long terme avec nos producteurs et coopératives, ce qui leur permet d’envisager l’avenir avec sérénité et de mener les politiques et les investissements nécessaires à l’amélioration constante de la qualité, notre perpétuelle recherche.

Enfin, nous sillonnons le monde pour rencontrer les producteurs, échanger avec eux et s’assurer que leur travail se fait dans le respect de la nature et des communautés. Pas de collaboration sans ces facteurs réunis. C’est ainsi que depuis le départ de notre aventure, nous favorisons l’achat et la vente des cafés de forêts d’Ethiopie, la plus vertueuse des agricultures caféières. Ces producteurs vivent bien de leur travail, rémunèrent mieux leurs ouvriers agricoles, et sont passionnés et fiers des projets que nous mettons en place ensemble.

Voilà résumé ce qui fait le prix d’un paquet de café Terres de Café, on peut aussi y intégrer la rigueur de la torréfaction et de la gestion de la fraicheur, sans quoi, même les meilleurs crus ne seront pas bons.
Pour nous, le juste prix c’est tout cela, y compris serrer nos marges pour que le plus grand nombre puisse découvrir l’univers des grands cafés. Encore une fois tout est relatif, il faut comparer ce qui est comparable. Si l’on compare le prix, il faut aussi comparer la tasse et là, l’évidence s’impose. Pour finir, ma conviction : les grands cafés sont les produits gastronomiques les plus abordables. Cela ne durera pas, profitons en.

Christophe Servell, fondateur de Terres de Café