Les cafés Bio

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Les cafés Bio

La plupart des fermiers que rencontre Christophe Servell lors de ses voyages sont des  agriculteurs passionnés, amoureux de la nature et de la diversité. Ils ont compris, depuis bien longtemps, que la recherche de la haute qualité est incompatible avec les rendements intensifs, l’utilisation d’engrais chimiques et de pesticides qui appauvrissent les sols. Un caféier ne livre le meilleur de lui-même que s’il est heureux et en harmonie avec son environnement.

Beaucoup de fermes sont ainsi des sanctuaires pour la faune et la flore locales et sont conduites en agriculture biologique, le nec plus ultra étant les cultures en agroforesterie et la biodynamie, méthode agricole encore naissante dans le monde du café.

Certification Biologique

Partant du principe que la pratique de l’agriculture dite conventionnelle, avec ses intrants chimiques n’est pas durable, car elle provoque une dégradation des sols, pollue l’environnement et constitue une menace sanitaire pour les producteurs et les consommateurs, la certification biologique encourage une agriculture respectueuse de l’environnement et un travail de la terre aussi naturel que possible.

Ceci implique la rotation des cultures, des protocoles strictes sur l’utilisation de produits phytopharmaceutiques et engrais de synthèse, le bannissement des organismes génétiquement modifiés, et l’utilisation des ressources de la ferme – compostage, engrais naturel tel que le fumier, ou les cerises et pulpe de café d’une année sur l’autre pour les fermes caféières.

On ne peut qu’encourager ces pratiques qui, elles, devraient être qualifiées de conventionnelles, et pas l’inverse. L’agriculture chimique devrait être mentionnée comme telle – chimique et nocive – avec un joli logo orné d’une tête de mort sur chaque emballage.

Cultiver en bio, c’est bien mais ne revêt qu’un aspect de la durabilité sans trop se préoccuper des conditions de travail et d’existence des ouvriers agricoles, ni de la qualité du produit final.

A l’instar de la production extensive de tomates biologiques en Espagne sans gout et sans saveur, cultivées par des ouvriers agricoles clandestins, dans des conditions de travail épouvantables, mal payés  et au noir, l’industrie caféière doit se méfier de l’appat du gain lié à un marché en pleine explosion.
En effet, la consommation de café certifié biologique augmente de 5 à 10 % par an en Amérique du Nord et en Europe.

In fine, la méfiance du consommateur doit s’imposer comme sanction à ces pratiques. Un paquet de café certifié Bio et/ou équitable vendu à moins de cinq euros en grande surface ne peut lier qualité et respect humain, c’est impossible au regard des couts de production d’un café digne et vraiment durable.

Café et biodynamie

 

La culture de café biodynamique, selon les principes de l’agriculture en biodynamie de Rudolf Steiner, commence à se développer sur les trois principaux continents producteurs, Amérique, Asie et Afrique.

Les résultats sont conformes à ce que l’on peut observer sur le vin, avec des cafés plus vivants, plus fruités et plus profonds. Certains, comme des Geishas du Panama, nous ont même fortement impressionnés lors de dégustation à l’aveugle entre des crus « conventionnels » et des crus en biodynamie.

Pour le moment, il faut faire confiance à votre torréfacteur lorsqu’il annonce un café en biodynamie car Demeter, organisme certificateur de l’agriculture en biodynamie est encore en réflexion sur la certification du café. Cela ne saurait tarder.

Par définition, un café cultivé en biodynamie est un café biologique.

CAFÉ ET AGROFORESTERIE

L’agroforesterie favorise la fertilité des sols et leur renouvellement, ce qui garantit des rendements dans la durée et la qualité de la récolte
- Elle permet la séquestration de carbone
- Elle assure la préservation de la biodiversité,
- Elle associe des essences aux propriétés complémentaires évitant le recours abusif aux intrants
- Dans le cadre du réchauffement climatique, elle conserve un temps de maturation optimum avec une régulation de la température par la canopée
- Elle assure la diversification des revenus
- Elle permet la reconnaissance des savoir-faire paysans traditionnels et de leurs aspects innovants
- Elle contribue à l’amélioration des conditions de travail des ouvriers agricoles.