Pour une filière vertueuse et durable

Publié le : 09/04/2019 18:31:30
Catégories : News

Pour une filière vertueuse et durable

La filière du café de spécialité, embryonnaire il y a 10 ans, est désormais une filière qui va doucement mais surement vers la maturité.
 
Pour rappel, cette filière repose sur la culture de l’excellence, qui est le fruit des échanges et des bonnes pratiques entre les producteurs, les exportateurs, les importateurs et les torréfacteurs.  Tout ce petit monde se constitue comme une filière vertueuse au sein de la filière globale du café.
 
Aujourd’hui, et devant une incroyable montée en puissance de la demande de cafés de qualité, les acteurs du « specialty » doivent s’organiser pour sécuriser des volumes de café plus importants tout en exigeant le même degré d’excellence que sur des micro-lots.
 
En effet, ce n’est plus seulement l’élite de la gastronomie qui est à la recherche du café d’excellence mais des milliers d’entreprises, de la TPE à la très grande entreprise, des chaines d’hôtellerie de luxe, des chaînes de restauration milieu et haut de gamme, des chaînes de pâtisserie…
 
Le public n’est pas en reste et, grâce à une offre disponible en boutique ou sur le Web, le café n’échappe pas à la tendance du « consommer mieux ».
 
 
 
 

Pour une filière durable


 
Mais, les bienfaits de cette petite révolution dans notre filière ne profitent pas encore à tous les petits producteurs qui pourtant ont fait le choix de la qualité. La faute à des prix de marché très bas et à des pratiques nationales dont ils ont du mal à se défaire.
 
Dans un pays comme la Colombie, pays de petits producteurs (500 000 familles vivent de leur production de café), 2ème exportateur mondial d’arabica, reconnu pour la qualité de sa production, la grande majorité de ces petits producteurs vivent sous le seuil de pauvreté fixé à 2,69 US$ par jour par la banque mondiale.
 
Dans ces conditions et face au réchauffement climatique, les enfants de producteurs sont de plus en plus nombreux à ne pas « reprendre la ferme », pour partir chercher du travail en ville.
 
Or, nous avons besoin de producteurs agriculteurs en bonne santé financière et morale pour que l’aventure du café de spécialité se poursuive de manière harmonieuse.
 
Face à cette demande et à cette situation, les enjeux sont multiples pour la filière :
 
- savoir répondre à la demande en termes de volumes

- savoir répondre à la demande en termes de qualité

- valoriser la qualité et le travail du producteur par une politique d’achat à prix fixe, au-dessus du prix marché, et leur donner des perspectives.

- respecter la faune et la flore - sécuriser ses approvisionnements sur le moyen / long terme.

- assurer une croissance sereine et pérenne à nos entreprises.

- ne pas laisser « le terrain » à l’industrie et aux pratiques non vertueuses.
 
Pour satisfaire ces enjeux qui sont autant d’objectifs, Terres de Café est à l’initiative de deux projets, l’un en Éthiopie et l’autre en Colombie.
 
Ces projets consistent à former, sourcer, usiner et importer des lots de cafés mono variétaux, de petites zones géographiques, définis par un cahier des charges très strict, en se reposant sur les savoirs-faire des petits producteurs et communautés locales.
 

Prix Marché Versus Prix Artisan


 
Ces lots sont achetés au-dessus du prix du marché.  Nous déconnectons notre prix d’achat de la valeur marché (Cours de la bourse de New York + différentiel), pour le connecter à la qualité intrinsèque du café. 
 
En d’autres termes, nous nous basons sur une valeur « Artisan » liée à la demande de cafés de qualité, par opposition à la valeur « Marché », liée à la demande de cafés industriels.
 
En achetant plus cher et à prix fixe, en entretenant une relation de long terme, en prodiguant de la formation pour augmenter la qualité, nous permettons aux fermiers ou coopératives avec lesquels nous travaillons d’améliorer leurs revenus, certes, mais aussi de mener une politique de développement à moyen et long terme, et de ne plus vivre dans l’urgence.

Cette pratique nous permet de sécuriser nos approvisionnements et d’améliorer la qualité et les volumes récolte après récolte. Tout le monde y gagne.